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A la guerre comme à la guerre !

par Françoise GRAUX

Epernay dans la guerre…

Epernay occupé par les « boches », du 6 au 11 septembre 1914 …

Cinq petites journées dans une si grande guerre, certes, mais les sparnaciens les ont trouvées bien longues , même émaillées de faits divers qui , cent ans plus tard, semblent parfois assez drôles . A l’époque, toutefois, Monsieur le maire n’en a pas du tout cette vision, quand il tient son journal et qu’il termine la relation de sa nuit du 8 au 9 par « c’est certainement le souvenir le plus pénible que j’ai eu de cette terrible guerre »

Tout commence quand Monsieur Pol-Roger après s’être rendu, sur ordre, dans le salon réquisitionné de madame Auban-Moët, et avoir attendu deux heures, voit arriver un des fils de Guillaume II - du moins on le suppose encore aujourd’hui- et son interprète .

L’offense du jour , la voici : il s’agit d’un drapeau allemand disparu du toit de la gare et remplacé par un drapeau français .

Monsieur le maire précise que la compagnie des chemins de fer est un organisme privé qui ne dépend pas de son autorité, mais c’est là subtilité administrative qui ne trouve pas écho chez les occupants, et puisque les officiers allemands l’ont affirmé …

« -Débrouillez –vous, mais demain, à 6 heures 30, un drapeau allemand doit flotter à la mairie de la ville, faute de quoi, elle sera pillée et brûlée » 

Devant une telle menace, monsieur le maire s’incline :

- Mais je n’en ai pas, donnez m’en un .

- Retrouvez l’autre, ou fabriquez-en un ! j’ai dit 6 heures 30 .

Il est onze heures du soir . Que faire ? Un conseil d’urgence réunit les bonnes volontés présentes : monsieur Duz, qui s’est spontanément mis à la disposition de la municipalité , madame Debonne, la concierge , et sa fille .

Quant aux marchands d’étoffes, si comme tout sparnacien ils ont du mal à dormir sur leurs deux oreilles, ils sont cependant couchés, et même barricadés chez eux . Du moins, s’il en reste, ceux qui n’ont pas fui la ville devant l’ avancée prussienne .

A la guerre comme à la guerre : même pas besoin de réquisition dans le cas présent :
Madame Debonne va sacrifier un vieux tablier noir, sa fille s’installe devant sa machine à coudre et bientôt l’équipe de nuit montée au premier étage installe le drapeau à la fenêtre .

Plus prudent que les boches qui se seraient laissé piquer le drapeau de la gare ( ce qui n’est toujours pas prouvé ! ) monsieur Pol-Roger cloue ensuite la dite fenêtre : personne ne touchera au drapeau .

Monsieur Pol-Roger termine ce chapitre de son journal, par « ce sera jusqu’à mon dernier jour, pour moi, une triste obsession » 

Hélas, monsieur le maire, il est bien trop tard pour vous remonter le moral, mais, à l’époque, avez-vous songé dans votre désarroi que votre drapeau était un joli pied de nez à l’occupant ?

L’emblème affiché au premier étage de la mairie, sur la place principale de la ville n’affirmait-il pas que le symbole de l’empire teuton n’était guère plus qu’un… torchon ! …




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